Les thermes duForum

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A - Entrée de la rue des Thermes

B - Entrée de la voie des Thermes

C - Apodyterium du secteur pour hommes

D - Frigidarium pour hommes

E - Tepidarium pour hommes

F - Caldarium pour hommes

G - Labrum pour hommes

H - Bassin pour hommes

I - Portique

J - Entrée de la voie du Forum

K - Praefurnium

L - Zône de services

M - Apodyterium du secteur pour femmes

N - Tepidarium pour femmes

O - Caldarium pour femmes

P - Bassin à eau froide

Q - Labrum pour femmes

R - Bassin à eau chaude

Les thermes du Forum étaient les seuls à fonctionner au moment de l'ensevelissement de Pompei

Sans doute les dommages causés par le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ avaient-ils fait l'objet de de réparations immédiates, ce qui a permis à l'établissement de reprendre rapidementses activités normales.

Divisé en sections pour hommes et pour femmes, le complexe thermal a probablement été édifié immédiatement après 80 avant Jésus-Christ, comme semble le suggérer une inscription se référant à des personnages installés à Pompéi à la suite de la fondation de la colonie syllanienne.

On peut y lire que le duumvir Lucius Caesius et les deux édiles Caius Occius et Lucius Naraemius, par décision du sénat municipal, ont fait construire les thermes aux frais de la cité, et en ont supervisé l'achèvement.

L'ensemble thermal, qui occupe le centre d'une insula, était en grande partie cerné de boutiques et de thermopolii - aucune demeure privée n'est attestée dans cette zône.

L'accès à la section des hommes se fait par trois entrées distinctes : la ruelle des Thermes à l'ouest, la voie des Thermes au nord et la voie du Forum à l'est.

Les deux premières mènent à la palestre et la troisième directement dans l'apodyterium où l'on a découvert plus de cinq cents lampes à huile.

Par certains aspects, la palestre n'est pas conforme aux normes classiques : elle comporte en effet un portique sur trois côtés, avec des colonnes doriques en tuf recouvertes d'une épaisse couche de crépi à l'ouest et au nord ; le tiers inférieur de ces colonnes est un peu plus épais et coloré en rouge.

Le côté sud est dépourvu de portique, alors qu'à l'est, un portique plus étroit est formé non de colonnes, mais de pilastres sommés d'arcs en plein cintre en opus latericium

Dans un premier état, la palestre devait s'allonger vers le sud et présenter la forme régulière d'un quadriportique à colonnades ; on devait aussi pouvoir y accéder depuis le forum, comme le laissent supposer quelques baies fermées ultérieurement

Par la suite, la portion sud du quadriportique a été sacrifiée pour construire quatre boutiques (dont les thermopolii) pourvues d'une arrière-boutique et d'un étage.

Le long du côté nord de la palestre, adossé au mur, court un long banc en maçonnage, interrompu en son milieu par une pièce s'ouvrant sur toute sa largeur : la palestre étant utilisée pour les déambulationis, à l'issue du cycle thermal, il n'est pas impossible qu'on ait vendu là des boissons chaudes destinées à regagner une partie des liquides perdus par la transpiration

L'apodytrium est une grande pièce voûtée en berceau dont les longs côtés sont bordés de bancs en maçonnage ; les traditionnelles niches destinées à recevoir les vêtements y ont vraisemblabblement été remplacées par des étagères en bois, comme le suggèrent les trous laissés par les clous.

La pièce recevait la lumière du sud, grâce à une lucarne de verre dotée d'un châssis en métal.

Les parois étaient ornées de fresques jaunes et la voûte, tout comme la lunette sur les petits côtés, était stuquée.

En correspondance avec la lucarne, se détache une tête d'Océanos à la barbe florissante.

Depuis l'apodyterium, on accédait aussi au frigidarium de plan circulaire ; il renferme en son centre un balneum rond revêtu de dalles de marbre, et comporte quatre niches à abside

Sur la paroi sud, on distingue l'orifice rectangulaire de la conduite d'eau froide (fistula) qui remplissait la vasque.

Dans le fond, se trouve encore le trou percé qui permettait de vider la vasque totalement et celui qui évacuait le trop-plein.

La couverture troncônique à oculus était décorée de coquilles et l'on voit toujours la frise en stuc représentant sur fond rouge, une compétition de biges guidés par des Amours.

De l'apodyterium, on passait au tepidarium qui a conservé une grande partie de sa splendeur d'origine.

Parallèle à l'apodyterium et au caldarium, cette salle est de dimensions plus réduites ; elle est surmontée d'une voûte en berceau dont le décor stuqué est bien conservé dans sa partie sud : au dessus d'une bande inférieure de rameaux d'acanthe, alternent des caissons rectangulaires et carrés avec, au centre, des figures mythologiques (Apollon, Ganymède, Eros etc....) ; caissons séparés par des candélabres peints et surmontés d'une bande formée de petits médaillons octogonaux

La partie sud du caldarium est particulièrement remarquable, avec son labrum et ses baies ouvertes ern hauteur qui apportent de la lumière dans la partie en abside

Le centre de la voûte est occupé par de larges panneaux subdivisés en losanges et en rectangles, décorés de représentations en relief datant des restaurations de 62 après Jésus-Christ

Contrairement à l'apodyterium, on trouve ici des niches destinées au rangement des vêtements et du linge pour se sécher.

Elles sont séparées par des telamons en terre cuite, nus ou couverts de peaux d'animaux, supportant la corniche ornée d'oves qui marque le départ de la voûte

Le pavement en mosaïque blanche, cerné d'un listel noir, est encore bien conservé

Le côté sud du tepidarium conserve une grande partie de son décor en stuc polychrome ainsi que les espaces de rangement séparés par des atlantes en terre cuite  

Les coudes des ces superbes atlantes en terre cuite supportent la corniche moulurée qui ferme la partie supérieure des espaces destinés au rangement des vêtements

  Ce médaillon décorant la voûte du tepidarium montre Zeus, sous l'aspect d'un aigle, capturant Ganymède  

Dépourvu de systèmes de chauffage internes, le tepidarium possède en revanche un grand brasero de bronze ;

il fut offert par Marcus Nigidius Vaccula, tout comme les trois bancs du même matériau, conservés sur place.

Après le tepidarium, on passait au caldarium, une salle remarquable du point de vue architectural : sur le petit côté sud, une abside est coiffée d'une calotte hémisphérique terminée par une coquille

Ce côté reçoit la lumière par trois fenêtres rectangulaires percées dans la voûte et par un opaion (oculus) placé au centre de la calotte.

L'abside contient un grand labrum monolithique de marbre, en forme de patère, avec un jet central.

Sur le bord du bassin, une longue inscription a été gravée en lettres de bronze :

"Cn. Melissaeo Cn. E. Apro, M Staio M. E. Rufo II-vir(is) iter(um) i(ure) d(icundo) labrum ex d(ecreto) d(ecurionum) exp(equnia) p(ublica) f(aciundum) c(oerarunt). Constat HS DCCL"

("Cneus Melissus Aper, fils de Cneus, et Marcus Staius Rufus, fils de Marcus, en qualité de duumvirs jure pour la seconde fois, se sont chargés de faire construire le labrum avec l'argent public, après délibération des décurions. La dépense fut de 5250 sesterces.")

On procéda à l'installation de ce bassin en 3 ou 4 après Jésus-Christ

Contre la paroi opposée, une baignoire revêtue de marbre était destinée aux bains chauds ; deux volées de marches y donnaient accès

Le caldarium possédait un système de chauffage interne, l'air chaud circulant dans les parois grâce à un dispositif de tegulae mammatae ; et le caldarium, équipé d'un bassin pour les bains chauds, ainsi que d'une labrum dans l'angle nord-ouest

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