LA PALESTRE


A l'extrêmité sud-est de la cité, la palestre et l'amphithéâtre formaient un espace public de première importance.
LA PALESTRE

Les sentiers étroits et nombreux, partant à l'est de la voie de Nocera et au sud de la voie de l'Abondance, attestent que cette zône était totalement fermée à la circulation.

D'époque Augustéenne (27 avant Jesus-Christ - 14 après Jésus Christ), la palestre a été construite avec les deniers publics (comme en témoignent deux fragments épigraphiques retrouvés) dans une zône vraisemblablement occupée par des îlots réguliers, à l 'image de ceux situés immédiatement au nord et à l'ouest.

Sa construction répondait à la volonté d'Auguste d'offrir aux collegia juvenum un campus où s'entraîner et se confronter, afin d'être prêts physiquement et moralement à intégrer les armées romaines.

Chaque année, la juventus pompeiana (la jeunesse de Pompeï) faisait une exhibition au cours de la probatio equitum, une sorte de parade militaire.

relief en stuc

d'un combattant

de pugilat

relief en stuc de

Dionysos à

la palestre

 

A travers l'édification de la palestre, Auguste cherchait à consolider les sentiments liés aux valeurs de l'Etat, à l'image de la virtus qui avait fait jadis la grandeur de Rome

Si les expropriations menées dans une zône aussi fortement peuplée ont sans doute provoqué des troubles, il est vraisemblable que les nobles intentions d'Auguste sont parvenues néanmoins à vaincre les réticences.

La palestre, de forme rectangulaire (141 x 107 m), présente un portique sur trois côtés, alors que le quatrième, à l'est (face à l'amphithéâtre), comporte trois entrées monumentales et un mur crénelé.

On notera le caractère militaire de certains aspects de cette construction qui possède des entrées secondaires aux extrémités des portiques sud et nord.

Les colonnes étaient d'ordre composite, la base moulurée reposant sur un stylobate en brique pilée de 90 cm de haut par rapport au niveau du sol.

Le fût de ces colonnes en opus latericium était souvent recouvert d'une épaisse couche de mortier, elle-même revêtue d'une couche de calcite et de poudre de marbre portant un décor de godrons, imitant le marbre.

Le chapiteau composite présentait des feuilles d'acanthe avec des volutes aux angles et une rosette centrale. Le toit était recouvert de tuiles terminées par des doucines en palmette et à face de Gorgone.

L'eau de pluie tombait dans une rigole au pied du stylobate, qui la conduisait dans des citernes placées sous les portiques.

Sous ces derniers, le sol était en terre battue, revêtement commode pour des athlètes qui s'entrainaient généralement pieds nus.

Au centre du promontoir ouest, se situe un espace à trois nefs avec deux piliers et des semi-colonnes en façade supportant un tympan.

Au fond de la nef centrale se dresse un grand autel recouvert de dalles de marbre, avec une base et des bords moulurés.

C'est probablement là que se déroulaient les cultes liés à Auguste et qu'étaient récompensés les meilleurs athlètes de la juventus pompeiana.

Parallèlement aux trois portiques, on avait planté une double rangée de platanes - ils étaient presque centenaires au moment de l'éruption - dont les moulages de racines sont encore visibles in situ.

Une piscine occupe le centre de la palestre (34,55 x 22,25 m) ; elle était recouverte de ciment avec les bords en tuf gris de Nocera.

Cette piscine, dont la profondeur augmente progressivement jusqu'à atteindre 2,60 m, était alimentée par l'aqueduc public au moyen d'un tuyau de plomb partant du castellum plumbeum placé dans l'angle nord-ouest de la maison de Loreius Tiburtinus, sur la voie de l'Abondance.

L'eau alimentait la piscine en continu et le trop-plein refluait dans un petit tuyau d'écoulement qui nettoyait la grande latrine placée à l'est du portique méridional.

balsamaires en verre aux formes variées qui

contenaient les huiles et les onguents dont les athlètes s'enduisaient avant la lutte

 
     

strigile en bronze de forme courbe (ligula)

Il se termine enpointe servait à éliminer les huiles et la transpiration

 

L'accès aux latrines se faisait par une petite porte s'ouvrant sous le portique ; des sièges en pierre de lave, probablement recouverts de marbre, étaient disposés sur trois côtés.

A l'origine, ce lieu était également utilisé les jours où des spectacles se déroulaient dans l'amphithéâtre, une porte située en face de l'arène permettant d'accéder aux latrines depuis l'extérieur de la palestre.

Le tremblement de terre de 62 après Jesus-Christ a gravement endommagé la palestre, dont certaines parties étaient toujours inutilisables en 79 après Jesus-Christ.

De nombreuses colonnes ont été relevées, mais beaucoup devaient être encore à terre au moment de l'éruption.

Dans le portique occidental, des coins de plomb ont été insérés dans la base de toutes les colonnes, afin de les maintenir fixes une fois relevées, tandis que d'autres exhibent un fût dénudé en opus latericium.

Les parois fermant les portiques sud et ouest ont dû être reconstituées, car elles sont dépourvues de tout décor, à l'inverse de la paroi nord : si cette dernière s'est entièrement écroulée lors de l'éruption du Vésuve, une partie du décor du IIIème style a été préservée sous les décombres.

De nombreux graffitis témoignent des intenses activités s'étant déroulées en ce lieu : vantardises militaires, sportives, mais aussi amoureuses.

Recemment, l'ensemble a été complètement restauré, de nouveaux platanes ont été plantés et le mur septentrional a été entièrement relevé, des aménagements redonnant à la grand palestre sa splendeur originelle

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