LA MAISON DES

NOCES D'ARGENT


   
  • A - Entrée
  • b - Atrium
  • c - Impluvium
  • d - Tablinum
  • e - alae
  • f - Adytum
  • g - Péristyle
  • h - Cuisine
  • i - podytérium
  • j - Tepidarium
  • k - Caldarium
  • l - Natatio
  • m - Triclinium
  • n - Exèdre
  • O - Cubiculi
  • p - Oecus tétrastyle
En 1893, à l'occasion des vingt-cinq ans de mariage du roi d'Italie Humbert 1er, commença la fouille d'une grande maison - baptisée "des Noces d'Argent", en l'honneur de cet anniversaire -, sous la direction de Michele Ruggero, le surintendant de Pompeï.

Connu par les nombreuses inscriptions électorales retrouvées à proximité de la maison, son propriétaire, L. Albucius Celsus, appartenait à une vénérable famille pompeienne, très active avant l'arrivée de la colonie syllanienne.

On peut supposer qu'il s'agissait d'une famille aisée, participant à nouveau à la vie politique de Pompeï dans les ultimes moments de la cité et qui n'avait rien perdu de son sens de la grandeur, comme en témoigne la maison, tout à la fois solennelle et austère.

Les vicissitudes des propriétaires n'en sont pas moins visibles dans les transformations apportées à la maison.

Le noyau originel, du type atrium tétrastyle à péristyle, était très régulier et probablement décoré en 1er style.

l'atrium avec son impluvium rectangulaire est dominé par les quatre grandes colonnes corinthiennes en tuf gris qui supportaient le compluvium et la lourde charpente en bois du toit
la splendide fresque du IIème style confère au cubiculum une perspective de l'espace en trompe-l'oeil. Dans cette alcôve couverte en berceau qui devait abriter un lit, le décor des parois présente une variation d'éléments ornementaux séparés par des colonnes corinthiennes

Sur les côtés de l'atrium, étaient disposées des pièces s'ouvrant par de hautes portes qui conféraient à la construction un aspect noble et sévère.

La salle placée au sud se poursuivait par une unique zône à portique de colonnes doriques en tuf.

A l'époque de Sylla, la maison perdit ses pièces latérales, et leurs entrées furent murées ; en conséquence, le décor fut refait, en IIème style cette fois-ci.

Ensuite, sans doute après 62 après Jésus-Christ, la maison récupéra ses pièces latérales ; étant donné leur hauteur, elles furent partagées en deux étages, avec le percement d'entrées au niveau inférieur.

De petits escaliers raides et étroits menaient à l'étage supérieur, qui ouvrait sur l'atrium par des baies carrées

La partie basse des parois de l'atrium fut redécorée en une imitation du IIème style, afin de s'harmoniser avec les motifs de la partie haute, encore bien conservés.

C'est lors de cette phase de la construction que l'on prolongea le portique nord du jardin par trois nouveaux promenoirs, placés à un niveau inférieur, le tout constituant un caractéristique péristyle rhodien, tel que le définissait Vitruve

La propriété se développa ensuite vers l'ouest, avec un espace réservé aux thermes, et vers l'est, avec un grand péristyle comprenant un bassin et un triclinium estival

L'entrée est placée au nord et donne sur une voie secondaire au parcours irrégulier, se déployant parallèlement à la voie de Nola.

L'atrium apparaît majestueux, son compluvium reposant sur quatre colonnes corinthiennes hautes et massives en tuf gris, cannelées et revêtues de crépi blanc.

Dans une ultime phase, le quart inférieur fut peint d'une couche épaisse et lisse, de couleur rouge.

Le compluvium était couronné de doucines de terre cuite à tête de lion, et d'antéfixes à palmettes.

Cantonné de deux alae, le tablinum se trouve dans l'axe de l'entrée, de l'atrium et du péristyle, et porte un décor du IVème style.

Entre la plinthe et la bande médiane, de petites scènes représentent des Amours sur des biges et des animaux sur fond noir.

Parmi les pièces donnant sur l'atrium, celle située dans l'angle sud-ouest est particulièrement digne d'intérêt : son décor en IVème style est composé de tableaux burlesques mettant en scène des Pygmées.

Presque parfaitement carré, le péristyle a cinq colonnes doriques sur le côté est et, sur les autres côtés, six piliers octogonaux dont le tiers inférieur est circulaire.

  le péristyle avec ses cinq colonnes doriques sur le côté est et ses six piliers octogonaux dont le tiers inférieur est circulaire  
       

L'épistyle est orné de fresques dont les cadres viennent s'insérer parfaitement dans les entrecolonnements : il s'agit de scènes de chasse surmontées d'une corniche continue portant un décor d'oves stuqué.

Un petit ensemble thermal s'ouvre sur le côté ouest : le seuil de la pièce servant d'antichambre à l'apodyterium est en mosaïque et représente, en noir sur blanc, un aqueduc à arcades

Le tepidarium, décoré en IVème style, était chauffé par un sol en suspensurae.

De là, on accède au caldarium, dont le côté court, à l'ouest, se termine en abside et est sommé d'une calotte hémisphérique à coquille.

Cette pièce débouche dans la cuisine, où se trouvait le matériel destiné à produire de la vapeur chaude.

Enfin, le jardin mitoyen abritait une petite piscine qui venait compléter l'ensemble thermal.

Sous le portique sud, s'ouvrent d'autres pièces : un triclinium dans l'angle sud-ouest (garni de fresques raffinées en IVème style) et, au centre, une exèdre cantonnée de deux chambres, le tout embelli du superbes fresques en IIème style et de pavements en mosaïque polychrome.

L'exèdre servait aussi d'aula au précepteur des enfants de la maisonnée - ses parois sont d'ailleurs couvertes de graffitis injurieux contre le maître.

La pièce la plus remarquable était assurément l'oecus tétrastyle dans l'angle sud-est, qui tenait lieu de salle à manger ; elle possédait un superbe pavement en mosaïque noir et blanc, sur lequel se dressaient quatre colonnes octogonales reposant sur une haute plinthe.

Ces colonnes supportaient une voûte en berceau à caissons, décorés de motifs en stuc, et des fresques en IVème style ornaient magnifiquement les parois


 

 

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