LA MAISON DES

MYSTERES

A - Vestibule

B - Péristyle

C - Atrium

D - Impluvium

E - Tablinum

F - Exèdre à fenêtre

G - Jardins

H - Portique à trois nefs

I - partie de la cuisine

J - Complexe thermal

K - Torcularium

L - Alcôve double

M - Dietae

N - Salon des Mystères

O - Atrium tétrastyle


LA MAISON DES MYSTERES

Son architecture et son cycle de peintures dionysiaques font de la villa des Mystères l'un des ensembles les plus importants - et les mieux conservés - parmi tous les sites explorés hors les murs

Partiellement mise au jour entre 1909 et 1910 par une personne privée : Aurelio Item, elle fut libérée des pierres ponces en 1929-1930, sous la direction d'Amédeo Maiuri.

La villa est orientée d'est en ouest ; la partie antérieure de l'édifice repose sur une basis villae quandrangulaire, venant combler le dénivellement de terrain.

A l'est, on accédait à la villa par la voie supérieure, alors qu'à l'ouest, se situait une artère importante, débouchant de la porte d'Herculanum et allant jusqu'à Oplontis.

Le premier état de la villa remonte au début du IIème siècle avant Jésus-Christ : il semble alors s'agir d'une demeure citadine, aux formes régulières, qui ne se distingue pas par sa richesse, même si elle jouit d'un superbe panorama

Après 80 avant Jésus-Christ, l'habitation est transformée, agrandie, surélevée ; elle devient une luxueuse villa suburbaine, enrichie de splendides peintures en IIème style, comprenant le cycle des mystères dionysiaques (voir photos en fin de texte)

A la suite du tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ, la maison perd sa solennité de ville patricienne : il semblerait que l'ancien propriétaire l'ait cédée à une personne pour qui elle ne jouait pas un rôle de représentation aussi important.

La villa devint ensuite une grande officine destinée à la fabrication du vin ; cette transformation - qui s'accompagna d'une probable destruction des décors - fut interrompue par l'éruption de 79 après Jésus-Christ

On ne possède aucune certitude quant à l'identité des propriétaires de la villa dans la seconde moitié du 1er siècle avant Jésus-Christ, au moment de sa plus grande splendeur, même si l'on pense qu'il a pu s'agir de M. Livius Marcellus (on a retrouvé une statue de Livie portant les attributs de Cérès).

Retrouvée à l'angle nord-est du péristyle, cette imposante statue de Livie devait être destinée à occuper la grande abside en construction dans une pièce lui étant réservée, dans la partie septentrionale de la villa

Dans les dernières années, la maison appartint peut-être aux Istacidi, l'une des familles les plus importantes de Pompei, comme semble le suggérer la découverte du sceau d'un procurateur : L. Istacidus Zosimus.

Depuis la voie supérieure, un embranchement conduisait à l'entrée de la villa, située à l'est.

La maison se caractérise par un plan à peu près symétrique, respectant en grande partie les observations de Vitruve qui estimait que , dans les villas suburbaines, le vestibule devait être immédiatement suivi par le péristyle, et non par l'atrium, comme c'était le cas en ville.

placé juste après l'entrée, le péristyle est composé de colonnes doriques cannelées reposant sur le stylobate. Dans un deuxième temps, les entrecolonnements ont été occupés par des plutei reprenant le décor du IIème style des parois des portiques
Le tablinum est orné de fresques du IIème style avec des motifs égyptiens. Placée en face de l'etrade, on ditingue notamment la représentation d'Anubis

Sur un même axe, se succèdent donc le vestibule, le péristyle, l'atrium, le tablinum et une exèdre à abside ouvrant sur la pente face à la mer.

Le périmètre de la villa était cerné de portiques de diverses factures. La partie antérieure, correspondant à la basis villae, était occupée par un jardin suspendu, placé sur un cryptoportique à fenêtres.

Ouvrant sur le corridor menant de l'atrium au portique septentrional, le biclinum comporte un superbe décor de fresques du IIème style représentant une suite d'archtitectures

Pour accéder à la villa, il fallait traverser un vestibule de grandes dimensions, divisé en deux parties : la première est dallée et mène, au nord, jusqu'à un petit appartement, et au sud, jusqu'à l'écurie et aux logements des serviteurs.

Avec son parement de brique pilée, la seconde partie du vestibule apparaît comme une véritable salle d'attente : des bancs en maçonnage sont adossés aux parois latérales, alors qu'au nord s'ouvre une petite pièce qui devait être réservée à un gardien (cella ostaria).

Après le vestibule, on trouve un péristyle formé d'une colonnade dorique en tuf gris il fut fermé après 62 après Jésus-Christ par un plutéus qui priva de lumière les pièces environnantes.

Terminés par d'élégantes antéfixes à palmettes, les versants du toit canalisaient l'eau de pluie dans le viridarium

Les parois du fon des portiques ainsi que les pièces contigües sont décorées en IIème style

Sur le côté sud se développent le complexe thermal et la cuisine : le premier s'articule autour d'un gracieux atriolum tétrastyle et possède apodyterium, tepidarium, laconicum et caldarium

Composée d'une cour centrale découverte et d'un pavement en opus spicatum de brique, la vaste cuisine est équipée d'un grand comptoir destiné à la cuisson de la nourriture et à la production de vapeur d'eau, ainsi que deux fours ; on y trouve aussi un laraire domestique

Sur le côté nord du péristyle, après avoir traversé un corridor, on arrive jusqu'au torcularium, le lieu destiné au pressurage du raisin et à la production du vin.

Deux pressoirs ont été découverts à cet endroit, dont l'un a été remis en état de marche

Après la vendange, le raisin était déposé dans un bassin, le palmentum, dans lequel il était foulé avec les pieds ; le moût obtenu était meilleur et le vin plus doux, car les graines et les pépins n'étaient pas écrasés.

Ce moût était ensuite placé dans un pressoir (prelum), afin d'être pressuré à plusieurs reprises

A l'extérieur, sur le côté nord, une cave à vin contenait de nombreux récipients en terre cuite à demi enterrés (dolii), d'une capacité de 200 litres chacun.

Depuis le péristyle, on accédait à l'atrium par trois grande portes à double battant - deux d'entre elles sont conservées sous forme de moulage

Les parois en IIème style sont caractérisées par des motifs rhomboïdaux en rouge cinabre dans la zône médiane et, sur le registre supérieur, par des paysages nilotiques, des trophées militaires et des tableaux placés sur des supports de bois malheureusement disparus aujourd'hui.

Dans la partie nord, s'étend la "zône de nuit", avec des chambres à coucher et des latrines

Le cubiculum n°16 se distingue par sa double alcôve et son antichambre : le décor pictural en IIème style, d'un réalisme extraordinaire, présente des perspectives convergentes et un pavement en mosaïque noir et blanc

Le tablinum devait posséder une porte ouvrant sur l'atrium et une autre sur l'exèdre, mais, dans le restructuration succédant au tremblement de terre, toutes deux ont été obstruées

Heureusement, le décor en IIème style de motifs égyptiens sur fond noir a été épargnée.

L'une des plus belles pièces de la villa est la grande exèdre terminée en abside, située à l'ouest : de là, on jouit d'une vue superbe grâce aux trois grandes fenêtres percées dans la paroi semi-circulaire

Sur les côtés du tablinum et de l'exèdre, sont disposés deux autres espaces de séjour, chacun possédant respectivement un salon et un biclinium aux extrémités

Ces deux espaces donnent à l'ouest sur un portique à baies.

Le salon orné des peintures qui ont donné son nom à la villa est situé dans la partie sud ; orienté est-ouest, ce salon s'ouvre par une large baie à l'ouest, une plus petite dns l'angle nord-ouest, et une fenêtre sur la paroi sud ; ces deux dernières ouvertures ont été ménagées après le seisme de 62 après Jésus-Christ, en sacrifiant les peintures alors en place

Original, le pavement est fait de carreaux de palombin cernés d'une bande d'ardoise la bande externe est constituée de tesselles noires et blanches disposées en oblique

Les fresques du IIème style qui revêtent les parois sont interprétées comme des étapes d'un rite dionysiaque, mais les spécialistes ne sont pas d'accord sur le déroulement des scènes et sur leur signification.

 

La vision du grand cycle du salon des Mystères, avec cette représentation d'une jeune fille initiée au rites de Dionysos, permet de saisir la splendeur de la pièce et de comprendre pourquoi des peintures sont parmi les plus célèbres du monde antique
 

On proposera ici l'analyse la plus répandue, en partant de la fresque placée à gauche sur la paroi ouest :

 

I - la jeune fille qui va être initiée aux mystères dionysiaques est assise et attend, songeuse ;

II - le rituel est lu par un jeune garçon, sous la surveillance d'un adulte, la future initiée écoute

III - avant de passer au rite proprement dit, la jeune fille, assise de dos, accomplit un sacrifice propitiatoire avec l'aide de deux servantes

 

IV - à la vue de Dionysos et d'Ariane, un vieux silène tombe en extase et chante en s'accompagnant de la lyre, un jeune satyre joue d'un instrument à vent, alors qu'une ménade allaite un faon

V - la jeune fille s'effraie à la vue de Dionysos et de son cortège

 

VI - Dionysos, ivre, s'appuie sur Ariane assise, auparavant, figure un vieux silène qui donne à boire à un couple de jeune satyres

VII - la jeune fille retire le voile de la cryste mystique contenant la phallus

VIII - après le plaisir, la jeune fille est fustigée par un démon ailé, au son des cymbales jouées par deux ménades

IX - désormais initiée au rituel dionysiaque, la jeune fille fait sa toilette et se regarde dans un miroir qu'un Amour lui présente

 

 

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