LA MAISON DE

LUCRETIUS FRONTUS

 

  • A - Vestibule
  • B - Atrium
  • C - Impluvium
  • D - Garde-Manger
  • E - Cubiculum
  • F - Escalier menant à l'étage supérieur
  • G - Triclinium
  • H - Cubiculum
  • I - Tablinum
  • J - Cubiculum
  • K - Péristyle
  • L - Cuisine
  • M - Triclinium
Cette maison a été fouillée dans les années1899 - 1900, sous la direction de Giulio De Petra.

Du fait, tant des objectifs fixés (restauration des pièces, restitution des couvertures) que de la beauté des peintures émergeant de la cendre, il décida de rétablir au plus vite la couverture, afin de préserver l'intégrité des peintures et des mosaïques.

Ses choix suscitèrent néanmoins de nombreuses polémiques le conduisant à s'éloigner des terrains de fouilles, qu'il ne retrouva qu'en 1905

Le propriétaire de cette demeure était sans doute Marcus Lucretius Frontus, comme semblent l'indiquer les affiches électorales placées le long de la rue menant jusqu'à l'entrée de la maison

L'une delles mérite qu'on s'y arrête :

"Si pudor in vita quicquam prodesse putatur Lucretius hic Fronto dignus honore bono est "

"Si l'on croit que la modestie peut servir à quelque chose, Lucretius Frontus est digne de cet honneur".

Le rédacteur de cet éloge admire Lucretius Frontus pour sa modestie, mais d'autres inscriptions énoncent aussi qu'il s'agit d'un homme fortis et hoestus.

Ces qualités conduisent ses proches à demander aux électeurs de l'élire au poste d'édile :

"M(arcum) Lucretium Frontonem aed(ilem) vicini rogamus"

"Nous, ses proches, recommandons que Marcus lucretius Frontus soit élu édile".

Petite, mais élégante et décorée avec soin, la maison occupe une position excentrée, le long d'une petite voie perpendiculaire à la voie de Nola, sur le côté nord.

Sa forme irrégulière découle d'une constitution de l'ensemble en plusieurs étapes, aboutissant à une restructuration complète de la domus à l'époque augustéenne (fin du 1er siècle avant Jésus-Christ - début du 1er siècle après Jésus-Christ)

Les restaurations intervenues après le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ concernèrent exclusivement les peintures.

Entièrement recouverte d'un crépi blanc, la façade était protégée par une couverture dont on peut encore voir les emplacements des poutres.

En pente légère, le vestibule possède un pavement en brique pilée et conserve les traces des poutres qui bloquaient la porte.

Du vestibule, l'on accède à un gracieux atrium qui frappe par l'impression d'intimité en émanant : ses parois portent des fresques en IIIème siècle sur fond noir, avec des panneaux cernés d'un listel blanc, enfermant en leur centre de petites scènes de chasse et des représentations d'animaux (cygnes, griffons, etc...)

Les panneaux sont divisés par des pilastres sur fond jaune, avec un délicat décor fantaisiste

Dans la partie supérieure, une architecture aux formes élancées anime la paroi

Le pavement pierre de lave est réhaussé de tesselles parsemées de marbre, réparties sur l'ensemble de la surface, ainsi que d'un pointillé régulier de petits éléments géométriques en marbre polychrome, qui alternent avec des rangées de rosettes composées de cinq tesselles blanches.

Au centre de l'atrium, l'impluvium de marbre aux rebords moulurés recevait l'eau du compluvium le surmontant.

 

 

l'atrium et le tablinum :

le IIIème style est présent sur une grande partie des parois

 

 

panneau central de la paroi septentrionale du tablinum contient le tableau principal : Mars et Vénus sont à gauche, et Eros au centre, tout comme les serviteurs qui observent la scène     Placé sur le panneau gauche de la paroi nord du tablinum, ce petit tableau représente un villa suburbaine à plusieurs étages, comprenant trois ailes et un jardin central

Aux angles, deux orifices subsistent : l'un servait à remplir la citerne sous-jacente et l'autre, à évacuer le trop-plein hors de la maison, grâce à une conduite placée sous le pavement

L'impluvium est encadré d'une mosaïque noir et blanc, représentant une tresse à deux fils.

Sur le côté ouest de l'atrium, au-delà du vestibule, se situait un garde-manger, au sud, et un cubiculum, au centre, avec un décor en IIIème style sur fond blanc et un splendide pavement de mosaïque noir et blanc ; le seuil, formé de cinq couples de peltes, se prolonge par un tapis d'étoiles à quatre pointes.

Enfin, au nord, un escalier raide et étroit conduisait à l'étage supérieur qui s'étendait au-dessus des pièces de façade

Deux autres pièces splendides s'ouvrent au sud : la plus vaste était un triclinium, et l'autre, plus petite, servait de cubiculum,

Le triclinium (qui conserve les empreintes laissées par les lits) a été repeint en IVème style après le tremblement de terre ; le jaune des panneaux domine avec, au centre de la paroi, un magnifique tableau reprenant un épisode d'Andromaque, tragédie d'Euripide

On y voit Oreste assissinant Néoptolème dans le sanctuaire d'Apollon à Delphes, et enlevant sa femme Hermione.

Le cubiculum est en IIIème style, comme l'atrium, mais avec un décor plus raffiné : la plinthe, sur fond violet, est décorée de croix ; au-dessus, se trouve une frise de masques de théâtre et de couples d'oiseaux.

La frise centrale présente un hortus conclusus, fermé d'une barrière en bois

La partie centrale est faite de panneaux : ils sont rythmés sur les côtés par des candélabres argentés peints, surmontés de sphinx, alors que le panneau central est cantonné de colonnes d'ivoire sculptées.

La partie supérieure présente des architectures fantastiques, et les tableaux centraux sont remarquables : qu'il s'agisse de Thésée et Ariane ou de la Toilette de Vénus

Entre l'impluvium et le tablinum, était placée une table rectangulaire en marbre, aux pieds en forme de pattes de lion.

Le tablinum porte lui aussi un décor du IIIème style, mais aux fresques de qualité très supérieure : sur les panneaux centraux, dominent le Triomphe de Bacchus et les Amours de Mars et de Vénus.

Sur les côtés, des "pinakes" - sorte de tableaux évoquant des villes et sanctuaires maritimes - sont suspendus entre des candélabres

Les huisseries du tablinum imitent les panneaux en bois servant à masquer les angles des pièces

Un passage menant au jardin s'ouvre à gauche du tablinum, alors que le côté droit est occupé par un autre cubiculum, orné de fresques du IVème style

Ici, la couleur jaune est prépondérante et les panneaux, scandés par d'étranges colonnes torses, sont agrémentés d'Amours volant sur les côtés et, au centre, de tableaux figurés : le mythe de Narcisse contemplant sa propre image, sur la paroi nord, et, sur la paroi sud, le mythe - réinterprété par Ovide - de Pero allaitant au sein Cimon, son père emprisonné.

tableau représentant le mythe de Narcisse

tombant amoureux de sa propre image

Enfin, la paroi ouest, percée au centre de la porte d'accès, présente deux portraits, l'un féminin et l'autre masculin, portant les attributs de Mercure : il pourrait s'agir des enfants de Marcus Lucretius Frontus.

Derrière le tablinum, s'ouvre le péristyle, caractérisé par son portique sud sur lequel donnent plusieurs pièces ; sa paroi nord propose des scènes de chasse dans un milieu exotique, avec des animaux grandeur nature

L'angle nord-ouest abritait la cuisine, les latrines et un escalier conduisant à l'étage supérieur de cette partie de la maison.

Parmi les pièces donnant sur le portique, se détache un vaste triclinium en IVème style décoré de tableautins figurant Pyrame et Thisbé ainsi que Dionysos accompagné d'un silène jouant de la lyre.

 

 

RETOUR