LA RELIGION A POMPEI

 

Le sanctuaire des Lares publics

A - Zône située devant le forum

B - Autel

C - Abside

D - Niche distyle

Parmi les édifices communautaires de Pompei, le temple des Lares publics est sans aucun doute le plus singulier, plus particulièrement dans sa configuration extérieure, avec une alternance de rentrants et de saillants qui rappelle l'architecture de l'Orient hellénique.

Par rapport à tous les bâtiments situés à l'est, il est le plus proche de la colonnade délimitant l'espace ouvert du forum dont on ne conserve aujourd'hui que huit bases en basalte ; celles-ci étaient sans doute recouvertes de dalles de marbre, fixées à l'aide de chevilles dont on a retrouvé des traces

On ignore encore si ces bases supportaient des colonnes : la zône correspondante n'était pas couverte et il est donc possible d'imaginer une colonnade surmontée d'un épistyle sur lequel ne reposait aucune couverture.

 

Il reste peu de chose du décor en marbre qui devait orner le monument des Lares publics, tout comme a disparu une grande partie du pavement aux motifs géométriques en marbre polychrome
   

L'édifice se développait à l'intérieur d'une zône découverte carrée, comme le suggère le pavement en dalles de marbres (opus sectile) de diverses couleurs et matériaux formant un dessin géométrique régulier de cercles et de carrés enfermés dans des cadres ; d'après les vestiges mis au jour, le centre en aurait été occupé par un autel

Une grande abside s'ouvre dans la paroi du fond, encadrée de deux niches cantonnées de pilastres et surmontées d'un petit fronton

Le podium qui longe la paroi semi-circulaire de l'abside présente, en son centre, une saillie rectangulaire correspondant à une niches creusée dans la paroi

Ce podium supportait une file de colonnes sur lesquelles reposait une corniche saillante, avec un dédicule doté d'un épistyle et d'un tympan placé face à la niche.

L'abside était fermée en haut par une calotte hémisphérique , peut-être agrémentée de lambris.

Sur les côtés, deux grandes exèdres rectangulaires se faisaient face, flanquées de deux niches pratiquement identiques à celles qui cantonnent l'abside

La façade des deux exèdres se composait de deux colonnes entre les pilastres d'angle, qui supportaient une architrave caractérisé par un tympan et une corniche ; la paroi du fond comporait un unique piedestal de statue

Sur les côtés, entre l'abside et les deux exèdres, la paroi était creusée de deux niches identiques aux précédentes, si ce n'est qu'elles s'incrivaient dans un arc en plein cintre reposant sur des pilastres placés sur un haut podium

Les peintures du laraire permettent de voir quelle était la disposition des participants lors d'un rite propitiatoire. Sur le côté, des serviteurs versent du vin contenu dans des rhytons ; au centre, un prêtre tenant une corne d'abondance accomplit des libations au son d'une flûte double, alors que de petits serviteurs mènent un porc au sacrifice et apportent un plateau d'offrandes. Au-dessous, des serpents bienfaisants s'approchent d'un autel sur lequel ont été déposés des oeufs
Cette statuette provenant de la maison des Amours dorés possédait un double disposé symétriquement sur le côté opposé Le personnage porte un rhyton à tête de chèvre, d'où le vin s'écoulait sur un autel, situé au centre

Si de nombreuses hypothèses ont été émises sur la fonction de cet édifice, une chose au moins est sûre, c'est qu'elle abritait des statues d'importance

Longtemps, on a supposé qu'il s'agissait là du lieu dévolu au culte des lares de la cité.

Il est pourtant plus vraisemblable d'y voir un édifice ayant abrité les statues de la maison impériale, comme le laissent penser les analogies avec les édifices semblables en Italie et dans les provinces.

Ce bâtiment est assurément postérieur à l'époque augustéenne, mais antérieur au temblement de terre de 62 après Jésus-Christ, lequel a provoqué les destruction d'une partie du décor

Il n'est d'ailleurs pas impossible que des éléments de ce décor précieux aient dérobés par les fossores, ces clandestins, qui, dans les années suivant l'éruption, sont venus piller une cité dont ils connaissaient la richesse

 

 

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