LA RELIGION A POMPEI

 

Le temple de la fortune Auguste

A- voie du forum

B - voie de la fontaine auguste

C - escalier d'accès au temple

D - autel

E - pronaos

F - cella

G - abside distyle

H - niches dédicatoires

I - locaux de service

 
       

 

une inscription retrouve sur l'épistyle de la cella du temple nous renseigne sur les circonstances de la contruction "M(arcus) Tullius M(arci) f(ilius) d(uo) v(ir) i(ure) d(icundo) tert(ium) quinq(uennalis) augur, tr(ibunus) mil(itum) a pop(ulo), aedem Fortunae August(ae) solo et peq(unia) sua"

"Marcus Tullius, fils de Marcus, duumvir jure dicundo à trois reprises, quinquennal, augure, tribun militaire, élu du peuple, a fait ériger le temple de la Fortune Auguste sur ses terres et à ses frais"

Le gens Tullia - à laquelle appartenait Cicéron - était présente à Arpino et en Italie centrale.

Arrivés à Pompei dans le sillage de Sylla, les membres de cette famille ont été plusieurs fois magistrats dans la cité.

D'après l'inscription, il semble que le membre le plus influent ait été Marcus Tullius : il fut non seulement trois fois duumvir (la plus haute magistrature de la cité), mais aussi une fois quinquennal (réviseur des listes électorales et responsable du choix de candidats potentiels aux magistratures)

Mais c'est la charge de tribun militaire qui témoigne le mieux du lien entretenu avec Auguste, car c'est l'empereur lui-même qui nommait à cette fonction permettant à son bénéficiaire de devenir chevalier.

Marcus Tullius, après avoir élevé le temple, a dû désigner certains esclaves comme membres du collège sacerdotal reponsable du culte (ministri Fortunae Augustae)

Avec l'autorisation des décurions, le collège sacerdotal avait en effet pour tâche d'offrir une statue de culte de la Fortune ou de l'empereur à chaque nouvelle nomination.

Et, précisément, les spécialistes ont interprété cinq inscriptions découvertes dans le temple comme se référant aux empereurs qui se sont succédés jusqu'en 62 après Jésus-Christ (année de la destruction du temple par le séisme), à savoir : Auguste, Tibère, Caligula, Claude et Néron)

Le temple a été érigé au niveau du carrefour des voies du Forum et de nola, dans un espace précédemment occupé par des boutiques et -probablement- une maison, comme le démontrent les pavements en brique pilée mis au jour contre et sous le podium du côté sud

 

l'arc de triomphe marque l'accès à la voie de Mercure ; il a été attribué à Caligula, mais sans aucune certitude
   

De type étrusco-italique, l'édifice date des dernières années du 1er siècle avant Jésus-Christ.

Tournée vers l'ouest, sa façade se caractérise par un large escalier à deux volées de marches entrecoupées par un étroit palier.

La volée inférieure est intérrompue en son centre par un podium supportant l'autel. L'élévation fait apparaître un pronaos de quatre colonnes corinthiennes en façade et de trois sur les longs côtés

Placée à l'arrière du podium, la cella comporte une large abside sur la paroi du fond, et, en son centre, un édicule soutenu par deux colonnes ; il renfermait vraisemblablement la statue de la Fortune avec ses attributs : l'aviron et le timon

Les parois latérales sont creusées de deux niches rectangulaires qui devaient abriter des statues honorifiques ; deux d'entre elles ont été mises au jour lors des fouilles de 1822 : la première représente un homme en toge, identifié à tort comme étant Cicéron, et la seconde est une figure féminine dépourvue de visage

Le temple était fermé par une grille en fer dont subsistent quelques traces à l'extrémité du palier au niveau de l'autel cultuel

Occupant une position centrale par rapport au carrefour, le temple a malheureusement été endommagé par le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ. La façade tetrastyle était caractérisée par ses colonnes corinthiennes, dont il reste les chapiteaux

 

Tourjours sur la propriété de Marcus Tullius, le côté sud de l'édifice abritait des pièces réservées aux fidèles, tandis que l'espace sacré était relié au forum par une zône piétonnière et un trottoir à portique

Le temple occupait incontestablement une position priviligiée : tous ceux qui venaient de Naples ou d'Herculanum, et empruntaient la voie Consulaire, voyaient soudain apparaître devant leurs yeux ce splendide édifice presque totalement recouvert de marbre

Si l'on en juge par les chapiteaux corinthiens conservés sur le podium du temple, il devait être remarquable, tant par la qualité du marbre que par la finesse de son décor.

Le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ ravagea l'édifice de fond en comble ; par la suite des travaux de restauration furent entrepris et il est possible qu'on ait réutilisé les matériaux originels

Une hypothèse fort intéressante est née de l'étude des dalles de marbre portant un décor de scènes de sacrifice, retrouvées dans le temple de Vespasien ; d'après leurs dimensions et les similitudes stylistiques observées, elles auraient pu, en réalité, appartenir au revêtement originel de l'autel du temple de la Fortune Auguste

 

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