L'ERUPTION DU VESUVE

 

Le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ

Le 5 février 62, Pompeï et l'ensemble des régions situées à proximité du Vésuve subissent un violent tremblement de terre qui provoque d'important dégâts sur une vaste étendue.
Dans des études récentes, des sismologues suggèrent que cette secousse devait correspondre à une intensité de 8° sur l'échelle de Mercalli, avec un épicentere localisé dans la région de Pompeï

Dans son traité Naturales Quaestiones, Sénèque décrit précisément les effets du séisme, soulignant la fréquence des secousses telluriques en Campanie.

Pour Pompeï, on possède un document exceptionnel concernant le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ : Il s'agit d'un bas-relief, exécuté sur deux dalles d'un laraire découvert dans la maison de Lucius Ceciius Giocondus, qui représente des monuments de la cité endommagés par le seisme

Sur la base de la documentation archéologique, on a pu démontrer récemment l'existence d'autres tremblements de terre ayant frappé la région du Vésuve entre 62 et 79 après Jésus-Christ.

Certains spécialistes estiment que cette succession de secousses telluriques est dans l'ordre des choses.

LE VESUVE

A l'origine, le Vésuve présentait une apparence classique en forme de cône, mais une série d'éruptions à l'époque préhistorique (entre 15 000 et 3 800 ans plus tôt) ont sensiblement modifié son aspect

Les violentes explosions ont provoqué l'effondrement du sommet de la montagne, et amené la formation d'un nouveau cône volcanique au sommet, à l'intérieur d'une chambre magmatique plus vaste.

Strabon (64 avant Jésus-Christ - 24 après Jésus-Christ) offre un témoignage précieux sur l'aspect du Vésuve avant l'éruption en le décrivant ainsi dans sa Géographie (V, 4-)

Le Vésuve

peinture originale

de Rosario de l'Isle

"Au-dessus de ces lieux, s'élève le Vésuve, entièrement recouvert de superbes champs, sauf au sommet qui est en grande partie plat, mais totalement stérile et à l'aspect cendreux

Celui-ci présente des cavités à fissures révélant, en surface, des roches fuligineuses qui semblent avoir été dévorées par le feu.

On peut donc supposer que ce lieu s'est déjà embrasé et qu'il présentait des cratères qui se sont éteints, une fois que les matériaux combustibles se sont faits plus rares.

C'est probablement là une des raisons de la fertilité des terres environnantes, tout comme en Catagne, où l'on dit que des régions environnantes ont été recouvertes par les cendres projetées par le feu de l'Etna, rendant la terre particulièrement propice à la viticulture".

De nature différente, un autre document permet de comprendre comment les Pompéiens conçoivent le Vésuve : à l'intérieur de la maison du Centenaire (IX-8-5), dans les logements réservés aux esclaves, a été mise au jour une fresque de laraire présentant Bacchus au premier plan, couvert d'une grappe de raisin géante, avec son thyrse et une panthère, tandis qu'à l'arrière-plan figure un mont (le Vésuve ?) recouvert de vignobles.

Loin d'avoir la réputation d'être dangereux, ce mont semble au contraire avoir été la demeure de la divinité par excellence de la fête et la prospérité.

L'ERUPTION DE 79 APRES JESUS-CHRIST

Le 24 août 79 après Jésus-Christ, vers dix heures, le Vésuve se réveille après plus de mille ans de sommeil.

Il se produit une terrible éruption qui détruit et engloutit toutes les cités présentes sur une vaste région environnante, dont Pompeï et Herculanum.

Le phénomène se caractérise par une violente explosion initiale, avec jet du bouchon de lave, aussitôt suivie par une autre, au cours de laquelle se forme une colonne éruptive : haute de plus de vingt kilomètres, composée de cendres, de gaz et de pierres ponces, elle adopte une forme caractéristique, dite de nuée "en champignon" ou "en pin parasol".

Les matériaux jaillis du cratère amorcent leur retombée, poussés par un fort vent de sud-ouest de haute altitude.

Située dans cette direction, Pompeï est immédiatement soumise à une pluie drue de lapilli et de fragments de pierre, qui dure presque sans interruption jusqu'au lendemain matin.

Dès le début de l'après-midi, l'accumulation de pierres ponces provoque l'effondrement des toits et fait les premières victimes.

Les incendies déclenchés par la chute des lampes à huile éclairent la ville jusqu'alors plongée dans l'obscurité provoquée par les poussières atmosphériques, obstruant la lumière du soleil.

Le 25 août vers 7 h 30, une violente pluie de gaz et de cendres à haute température, dite "nuée ardente", s'abat sur Pompeï.

Ses effets sont dévastateurs : deux mille personnes meurent asphyxiées et brûlées, c'est-à-dire 15 % de la population.

momie

d'un homme surpris par l'éruption

restes d'une des mules employées pourla fabrication du pain. Elle n'a pas pu se sauver de la boulangerie de son maître au moment de l'éruption

Les habitants meurent souvent en groupes, frappés par surprise, au cours de fuites désespérées.

Côte à côte, les enfants dans les bras des parents, les frères et soeurs serrés les uns contre les autres.

   

Deux autres pluies s'abattent, dont la première sera la plus désastreuse pour Pompeï : elle prend la forme et le volume d'une véritable coulée de matériaux pulvérulents qui détruisent les parties hautes des édifices, ensevelissant les victimes des deux "nuées ardentes" précédentes

La plus célèbre victime de cette catastrophe est assurément Pline l'Ancien, grand scientifique et amiral de la flotte romaine ;

Il meurt asphyxié sur une plage proche de Stabies

Quelques jours après l'éruption, Pompeï et l'ensemble de la vallée du Sarno apparaissent littéralement transformés : une énorme couche blanche recouvre les lieux.

En grande partie comblé par les débris volcaniques, le fleuve Sarno peine à retrouver son parcours vers la mer ; à proximité de Pompeï, il ne s'inscrit plus dans une grande courbe, mais coule tout droit.

La cité est recouverte d'une couche volcanique de 6 m d'épaisseur, qui n'empêhce cependant pas les constructions le plus résistantes et les plus hautes d'émerger.

Bien que la zône soit interdite afin de sauvegarder les biens de ceux qui ont fui, elle est pourtant la proie de pilleurs clandestins qui, au cours des ans, creusent des tunnels et viennent la dépouiller de ses richesses.

Avec le temps, la nature reprend le dessus et le blanc manteau laisse place à une épaisse pinède.

LES F OUILLES