LA MAISON

DU CITHARISTE

  • A - Vestibule
  • B - Atrium
  • C- Tablinum
  • D - Péristyle central et natatio
  • E - Salon
  • F - Cubiculum
  • G - Péristyle supérieur
  • H - Péristyle inférieur
  • I - Exèdre distyle
  • J - Grand salon
  • K - Atrium
  • L - Logement des esclaves et écurie
  • M - Cubiculum
  • N - Salon distyle
  • O - Apodyterium
  • P - Tepidarium
  • Q - Caldarium
  • R - Cuisine
  • S - Petit atrium
Fouillée en trois étapes, entre 1853 et 1861, la maison du Cithariste doit son nom à la statue en bronze d'Apollon citharède, mise au jour le 8 novembre 1853 à proximité de la grande vasque du péristyle central de la demeure.

Son propriétaire semble avoir été un certain Lucius Popidius Secundus Augustianus (Augustinius, car il était apparenté à l'empereur Néron).

De fait, sur une colonne du péristyle sud de la maison, on a découvert l'inscription suivante :

"Luci, Augustiane, (h)ab(eas) prop(itium) Caes(arem) Ner(onem) tu(u)m"

"Oh, Lucius Agustanus, sois bienveillant envers ton César Néron".

Dans les années ayant succédé au tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ, la famille des Popidii était l'une des plus actives politiquement : le long de la voie de l'Abondance, quarante-cinq panneaux électoraux prônent leur élection.

Résultant de plusieurs agrandissements, cette habitation occupe une grande partie de l'insula ; en 79 après Jésus-Christ, elle couvre une superficie de plus de 2700 m2.

Il n'est donc pas impossible qu'une partie des boutiques donnant sur les voies de l'Abondance et de Stabies ait appartenu au même propriétaire ; c'est le cas de la boulangerie et de sa pâtisserie annexe, situées dans l'angle nord-ouest de l'insula.

La demeure est disposée sur des niveaux différents, car l'ensemble de l'insula a été édifié sur un terrain en déclivité qui s'étend du nord vers le sud.

L'entrée principale se trouve au n° 5 de la voie de Stabies. Une entrée secondaire se situe au nord de la maison, correspondant au n° 25 de la voie de l'Abondance, et enfin une troisième, placée au sud-est de l'insula, en face de la voie de Ménandre, donnait accès aux logements des esclaves et à l'écurie annexe.

       
       

La maison du Cithariste donnait sur quelques-unes des voies les plus importantes de Pompeï (voies de Stabies, de l'Abondance et rue de Ménandre), le long desquelles s'alignait une longue succession d'ateliers et de négoces
Située au milieu du péristyle central, l'exèdre distyle s'ouvrait sur un large espace ouvert : de là, le regard embrassait la végétation qui bordait la piscine

Le péristyle central se caractérise par une colonnade restaurée plusieurs fois dans le passé ; le centre de l'espace découvert était occupé par une grande piscine ornée de statuettes en bronze

 

le n°5 permet d'embrasser du regard la demeure : du vestibule, on peut admirer l'atrium toscan avec son impluvium en marbre, le tablinum - à un niveau plus élevé - orné de deux bustes en bronze, puis la colonnade sud du péristyle central précédant un vaste salon ; enfin un cubiculum avec, au centre la paroi est, le tableau d'Apollon citharède qui se situe au coeur de cette perspective dilatée, créée par l'architecte concepteur de la maison et des ses décors.

Il ne fait aucun doute que la partie la plus luxueuse était associée aux péristyles central et inférieur. Le péristyle central était cerné d'un portique à colone corinthiennes ; le mur du côté sud, commun avec le péristyle inférieur, se caractérisait par sept larges fenêtres fermées par des battants en bois, ce qui permettait ainsi d'isoler les deux vastes pièces.

Entre les colonnes, une série d'oscilli - disques en marbre dont les deux faces sont décorées en relief de faunes dansant et de ménades - étaient accrochés à l'épistyle.

Au milieu du péristyle central, une grande natatio rectangulaire, entièrement revêtue de brique pilée hydraulique, était alimentée par l'eau s'écoulant du trop-plein d'une petite cuve semi-circulaire.

Cette cuve était remplie par deux jets d'eau provenant probablement des deux colonnes centrales du portique ouest

Les bords de la natatio étaient garnies de statues de bronze : un sanglier assailli par deux chiens, un lion et un cerf, un serpent dressé.

C'est autour de ce péristyle que s'agencent les pièces les plus riches de la maison, parmi lesquelles l'exèdre distyle décorée en IVème style, le grand salon triclinium doté de sa superbe mosaïque noir et blanc, d'un élégant décor du IIIème style et d'une grande fresque racontant le mythe d'Antiope, au centre de la paroi sud.

        Situé à l'origine sur la paroi sud du grand salon du péristyle central de la maison du Cithariste, ce tableau conte le mythe d'Antiope, condamnée par les dieux à courir sans cesse, en proie à la folie, dans toute la Grèce, la ménade trouve finalement la paix en Phocide, où elle rencontre Phokos qui deviendra son compagnon  
             

On trouve encore l'oecus décoré en IIème style, trois fresques présentant en grandeur nature Apollon et Poséidon au service de Laomédon, Némésis et le cygne, Vénus et Mars.

La grande salle, enfin, comporte une fresque du Jugement de Pâris, au centre de la paroi nord.

Le péristyle inférieur se caractérise par de fines colonnes cannelées d'ordre composite, reposant sur un stylobate en brique pilée orné de tesselles blanches.

Le viridarium est surélevé de 70 cm par rapport aux promenoirs.

Dans l'angle sud-est du péristyle, l'exèdre est monumentale : son entrée était divisée en trois par deux pilastres, et le pavement de mosaïque blanche cerné pa une bande noire à double méandre.

Richement décorées en IVème style, les parois présentaient, à l'est, le mythe d'Iphigénie en Tauride, au sud, l'épiphanie de Dionysos découvrant Ariane à Naxos - la peinture de la paroi nord est perdue.

Depuis le péristyle central, on pouvait accéder au péristyle supérieur en empruntant un large escalier en brique.

Sur les côtés est et ouest du péristyle supérieur, se font face deux splendides salles de séjour, autrefois parées de fresques en IVème style.

Le large atrium, entouré de nombreux cubiculi, était composé, respectivement, au nord, de l'entrée de la voie de l'Abondance, et au centre, du côté ouest, de l'étroit escalier menant à l'étage supérieur entièrement aménagé

Cette partie de la maison était vraisemblablement destinée au familles des esclaves et à l'affranchi responsable de l'économie domestique.

La demeure possédait un remarquable ensemble thermal, situé à l'ouest du péristyle central ; on y accédait, soit par ce péristyle, soit par l'atrium de la maison correspondant à l'entrée du n°5.

Les thermes étaient constitués de trois pièces principales : l'apodytériumau sud, le tepidarium au centre, et le caldarium, au nord, avec son pavement de mosaïque noir et blanc et ses parois à fresques présentant un paradeisos s'étendant derrière une barrière en bois.

Sur le côté est du caldarium, la paroi à abside abritait le labrum pour la fontaine d'eau fraîche, alors que sur le côté nord se trouvait le bassin destiné aux bains froids.

Placé au nord, l'hypocaustum chauffait le caldarium, grâce aux tegutae mammatae couvrant l'ensemble de la pièce et au pavement suspensurae qui permettait le passage de l'air chaud.

C'est à proximité de l 'hypocaustum que l'on trouvait la cuisine, ainsi que les latrines qui - fait rare à Pompeï - étaient pourvues d'une porte.

De la magnificence passée de cette résidence, on ne discerne que peu de chose aujourd'hui, car les peintures et les objets retrouvés ont été transférés au musée archéologique de Naples.

Ce n'est que depuis peu que l'ensemble architectural lui-même fait l'objet d'une restauration qui a permis d'attirer à nouveau l'attention sur l'une des plus remarquables demeures de Pompeï

 

 

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