LA MAISON DU

CENTENAIRE

  • A - vestibule
  • B - Atrium
  • C - Impluvium
  • D - Cubiculi
  • E - Tablinum
  • F - Alae
  • G - Oeci
  • H - Péristyle
  • I - Exèdre
  • J - Nymphee
  • K - Frigidarium
  • L - Apodyterium
  • M - Tepidarium
  • N - Caldarium
  • O - Triclinium
  • P - Alcôve
  • Q - Atrium

 

La maison du Centenaire a été fouillée par Michele Ruggero en 1879, année du dix-huitième centenaire de la destruction de Pompeï, ce qui lui a valu son nom

Le propriétaire de la maison était un certain A. Rustius Verus, comme on peut le déduire de trois inscriptions de propagande électorale (deux près de l'entrée principale, et la troisième à proximité de l'entrée secondaire) demandant qu'on vote pour lui aux élections des édiles et des duumvirs.

La domus - l'une des plus grandes de Pompeï - est formée de la réunion de trois habitations distinctes.

De forme trapézoïdale, l'insula vient s'insérer entre les deux rangées d'insulae carrées, alignées sur la voie de Stabies, et celles, rectangulaires, placées sur la voie de Nola.

Probablement édifié dans la première moitié du IIème siècle avant Jésus-Christ, cet ilôt groupait trois maisons orientées nord-sud et donnant sur la voie de Nola ; derrière, plusieurs autres étaient orientées est-ouest, mais leur nombre exact n'est pas connu, car cette partie de l'insula n'a pas encore été fouillée.

C'est à l'époque augustéenne (fin du 1er siècle avant Jésus-Christ - début du 1er siècle après Jésus-Christ) qu'intervint la réunion des trois maisons donnant sur la voie de Nola et d'une partie de la première maison située derrière, afin de constituer une habitation unique.

Cet agrandissement permit de subdiviser l'ensemble en quartiers distincts : le quartier des maîtres, le plus grand, occupe tout le secteur oriental ; le quartier thermal, à l'ouest, jouxte la résidence du procurator qui dirige le personnel ; enfin, le quartier des services est installé dans la maison n°3.

Situé au n°6, l'accès de la partie réservée aux maîtres donne directement sur la voie de Nola ; elle présente une forme régulière de maison à atrium et péristyle.

   

Le vestibule, en pente légère, est décoré d'une mosaïque noir et blanc représentant un dauphin et un griffon marin.

Doté d'un étage, l'atrium toscan possède un impluvium recouvert de dalles de marbre, le pavement étant en mosaïque blanche cernée de bandes noires ; aucun détail ne subsiste sur le compluvium.

Les diverses chambres donnant sur l'atrium possèdent un décor du IVème style

Placés dans l'axe du vestibule, de l'atrium et du péristyle, le tablinum est flanqué de deux oeci (pièces de réception) donnant sur le péristyle : celui de gauche possède un pavement en mosaïque sur fond noir, et celui de droite, sur fond blanc, avec des décors raffinés d'inspiration mythologique.

On passe de l'atrium au péristyle en empruntant un corridor situé à l'est du tablinum.

De forme presque carrée, le présityle nord est constitué d'un double ordre de colonnades (portique et galerie supérieure).

le péristyle

Le jardin possède un bassin central rectangulaire et, au nord, une niche à abside près de laquelle une fontaine a été découverte : elle adopte la forme d'une superbe sculpture en bronze d'un jeune satyre qui versait du vin depuis une outre pleine qu'il tient sous le bras, l'eau se substituant au vin dans la réalité pour remplir le bassin

 

la fontaine du bassin

possédant une niche à abside

Le décor du péristyle reste visible du côté ouest, sur la paroi du fond : il se caractérise par de grands panneaux jaunes bordés de rouge avec, au centre, les symboles et les attributs de plusieurs divinités, ainsi que des peintures représentant Persée et Andromède, Hercule et Hesione.

Dans le milieu du côté sud, une large exèdre communique avec un nymphée spectaculaire : l'exèdre est en grande partie en ruine, mais elle conserve son emblema central en opus sectile (marbre cipolin), témoin de sa splendeur passée

Le nymphée est composé d'une niche centrale qui, jadis, abritait un silène et une mosaïque en pâte de verre ; l'eau jaillissait et retombait en petites cascades dans le bassin

La partie inférieure est décorée d'un jardin fantastique, avec plantes, oiseaux et un vivier de poissons, alors que sur la partie supérieure, des fauves luttent dans un paysage exotique.

Le regard des passants de la voie de Nola prenait en enfilade l'atrium, le tablinum et le péristyle, avec l'impression de contempler un paysage imaginaire recréé au sein de la maison

Derrière le portique occidental et menant au quartier des esclaves jusqu'au n° 3, un long corridor permettait d'accéder à l'ensemble thermal reconstruit après le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ.

Le frigidarium, avec sa piscine pour les bains froids placée sur le petit côté de la paroi du fond, est orné d'un décor du IVème style avec des éléments d'inspiration égyptienne ; l'apodyterium conserve des traces du décor de la phase précédente ; le tepidarium et la caldarium, enfin, sont dépourvus de suspensurae et de tegulae mammatae

La chaleur était propagée par un grand four placé dans la cave sous-jacente (comme dans la maison de Ménandre), ainsi que par les murs mitoyens de la cuisine

La caldarium possédait un labrum dans la niche à abside, et une vasque mobile dans la niche rectangulaire

Les parois étaient recouvertes de fresques du IVème style ; le pavement se présentait sous forme de carreaux aux motifs romboïdaux, tandis que celui du tépidarium consistait en une mosaïque noir et blanc représentant une faune marine.

L'appartement du Procurator s'articulait autour d'une petite cour découverte sur laquelle s'ouvre un grand triclinium avec des tableaux en IIIème style représentant Thésée et le Minautaure, Hermaphrodite et Séléné, Pilade et Oreste et Iphigénie.

Ce triclinium est cantonné de deux pièces, dont l'une conserve deux tableautins erotiques.

un des tableautins érotiques

Le quartier des esclaves se développait autour de l'atrium accessible par le N° 3 de la voie de Nola.

Sur la paroi nord de la pièce, au sud-ouest de l'atrium, a été retrouvée la très célèbre peinture de laraire représentant Bacchus revêtu d'une énorme grappe de raisins, avec, à l'arrière plan, une montagne couverte de vignobles - il s'agirait du Vésuve

    la très célèbre

peinture de laraire

       

Cette peinture et la statue du jeune satyre sur le bord de la vasque du péristyle ont fait supposer que la famille Rustia, propriétaire de cette riche demeure, devait posséder des vignes sur les pentes du Vésuve ; elle en tirait sa richesse si ostensiblement mise en évidence à Pompei

 

 

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