ART ET CULTURE DE POMPEI

En 1882, A. Mau écrivit un ouvrage fondamental sur la peinture antique, Geschichte der Wandmalarei in Pompeji (histoire du décor pariétal à Pompeï), où il tenta de dreser l'inventaire des peintures pariétales trouvées à Pompeï.
exemples  

de peintures

pariétales

 

Grâce à ses réflexions et aux études qui ont suivi, on a pu classer les fresques pariétales romaines jusqu'à 79 après Jésus-Christ selon quatre systèmes décoratifs, baptisés "styles"

Le 1er style, dit "à incrustations", ou "style structural"

Il est chronologiquement attesté à Pompeï entre 200 et 80 avant Jésus-Christ

Il inclut des éléments architecturaux (corniches, pilastres, bossages, orthostates) réalisés en stuc eet imitant le marbre.

Ce style confère un aspect à la fois noble et austère aux habitations les plus représentatives que sont la maison du Faune et celle de Salluste.

paroi du 1er style

de l'oecus n°22 de la maison de Salluste

Ses caractéristiques ne se sont jamais modifiées ; au contraire, il est encore utilisé alors que de nouveaux types de décors sont apparus.

Ce style n'a pas été inventé à Pompeï ; il vient probablement d'Orient, où les éléments architecturaux étaient réalisés en marbre et en trois dimensions

Le 2ème style, ou "style architectural"

Il semble avoir connu la plus grande faveur à l'époque de Sylla (80-25 avant Jésus-Christ).

S'il reprend les éléments décoratifs du 1er style, ces derniers n'apparaissent plus en stuc, mais sous forme de peintures.

Les représentations figurent un architecture en perspective avec, au premier plan, un haut podium sur lequel sont érigées deux à quatre colonnes divisant la partie centrale ; celle-ci permet d'entrevoir des jardins, des colonnes et des temples circulaires.

Les tableaux et scènes naturalistes ne manquent pas, ainsi que les personnages se déplaçant sur le podium et derrière les colonnes.

Il suffit de penser aux peintures de la villa des Mystères et de la villa de Publius Sinistor à Boscoreale

décor du IIème style sur un

des parois de la villa des mystères

   

le troisième style ou "style ornemental"

Par certains aspects, le IIIème style, ou "style ornemental" (25 avant Jésus-Christ), semble s'inspirer du 2ème style : la composition n'est pas modifiée, mais les colonnes marquant la tripartition de l'espace deviennent légères, presque comme des "colonnes d'ivoire", tandis que les éléments architecturaux adoptent des formes ornementales plus réalistes.

Les décors sont des miniatures où prédominent les couleurs vives se détachant sur un fond noir ou blanc.

Les bandes décoratives reprennent des motifs "égyptisans" et les frises rappellent les incrustations en marbre.

Souvent de grandes dimensions, un tableau domine le panneau central en forme d'édicule ; il est presque toujours de grande qualité, les thèmes mythologiques attestant l'assimilation de la culture grecque.

Des exemples remarquables de ce style sont conservés dans la maison de Lucretius Frontus, dans la villa impériale et dans la villa des Mystères.

fresque du IIIème style

(maison du Prêtre Amandus)

le système décoratif de la paroi en

IIIème style du tablinum de la maison de

Lucretius Frontus ets plus élaboré

que les précédents

le IVème style ou "style fantastique"

Bien que présent à Pompeï dès le second quart du 1er siècle après Jésus-Christ, le IVème style ou "style fantastique" ne prend son essor qu'après le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ, alors que de nombreuses maisons font l'objet de restaurations.

Le mode décoratif semble hériter d'éléments propres eu IIème style, en portant la fantaisie architecturale à son paroxysme, tout en développant des caractéristiques propres au IIIème style.

exemple de IVème style

 

détail de cette même peinture

exécutée sur la paroi du salon de la

Maison des Vettii

 

Les architectures paraissent donc irréelles et la décoration devient exubérante.

Le podium est conservé, la zône médiane est divisée en trois, non par des colonnes, mais par des portiques à étages alors que la partie supérieure présente des motifs architecturaux souvent inventés de toutes pièces.

C'est à cette époque que s'impose aussi un décor pariétal unissant la peinture et le relief en stuc - comme on peut l'observer dans les thermes de Stabies et dans ceux du forum.

De remarquables exemples de peintures du IVème style sont présents dans la maison de

Loreius Tiburtinus, dans celle des Vettii et du Poète tragique

LA PEINTURE POPULAIRE

Autre type de peinture présent à Pompeï : la peinture populaire.

Cette catégorie comprend toutes les scènes de la vie quotidienne permettant de connaître les moeurs et le mode de vie des Pompeïens les plus modestes.

exemple de

peinture populaire

Il suffit de considérer la frise de la propriété de Julia Félix, avec sa représentation du Forum, la procession funèbre des menuisiers, le comptoir de vente de pain, la lutte dans l'amphithéâtre entre les habitants de Pompeï et de nocera, ou les peintures religieuses et de propagande disposées le long des rues

Les dates indiquées pour chacun des styles pompeïens sont indicatives.

En effet, les ateliers de peinture ont du mal à renconcer aux styles décoratifs à la mode ; d'autre part, le goût des commanditaires ne change pas très rapidement.

On a souvent discuté la technique de la peinture pariétale antique afin de déterminer s'il s'agissait de fresques, de peintures à la détrempe ou à encaustique.

Dans le cas de Pompeï, c'est la fresque qui prédomine : des couleurs sont appliquées sur une couche de calcite et de poudre de marbre encore humide.

On dénombre jusqu'à sept couches préparatoires, composées de sable et de chaux, étalées sur un mur sec, avec un grain de plus en plus fin ; elles remplissent une double fonction : aplanir les irrégularités du mur et isoler la paroi de l'humidité

Une couche constituée de fragments de terre cuite est souvent placée entre le mur et les couches préparatoires, en vue d'améliorer encore l'isolement

Généralement, avant d'appliquer la dernière couche, le peintre le plus expérimenté trace les contours du décor à venir ; il cède alors la place aux pariétari qui peignent les parois de haut en bas avant que les imaginarii n'exécutent les cadres figurés.

Dans la maison des Amants Chastes, on a récemment découvert une pièce en cours de décoration, ce qui a permis d'identifier chaque étape de travail ainsi que les outils utilisés.

Les fresques pariétales pompeïenes tiennent une place essentielle dans l'histoire de l'art antique, car elles reflètent la grande peinture du monde grec.

Les pavements en mosaïque constituent une faible proportion des pavements pompeïens.

La forme de pavement la plus répandue est en brique pilée : un mélange de fragments d'amphores et de tuiles liés par un mortier et parfois recouvert de vernis reouge.

Pompeï propose une variante locale économique et efficace, dans laquelle les fragments de tuiles et d'amphores sont remplacés par des morceaux de roche volcanique ; ce type de pavement est dit "lavapesta".

Dans de nombreux cas, les pavements sont embellis par l'introduction de tesselles en marbre dessinant des formes géométriques, en particulier, la petite croix formée de quatre tesselles blanches avec une noire au centre

Les pavements en mosaïque sont constitués de petits éléments de forme tronconique qui peuvent être en pierre, en pâte de verre, mais surtout en marbre.

Appelés tesselles, ces éléments sont fixés sur un support en ciment et placés de façon à former des surfaces parfaitement planes, tout en créant une vision quasi picturale.

La mosaïque la plus simple, l'opus tessallatum, présente essentiellement des décors géométriques formés à partir de tesselles de grande taille.

L'opus vermiculatum est composé de tesselles de dimension inférieure à 1 cm2 ; les représentations consistent en scènes picturales dites "emblematis", généralement placées au centre des pavements.

Enfin, l'opus sectile n'est pas à proprement parler une mosaïque, mais une composition en marbre polychrome enfermée dans un cadre ou un cercle.

 

coupes contenant

les matériaux pour

la peinture

 
 

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