LA RELIGION A POMPEI

le sanctuaire d'Apollon

 

A - entrée marine,

B - Portiques

C - Statue d'Artémis

D - Statue d'Apollon

E - Autel

F - Cadran solaire

G - Esaclier d'accès au temple

 

  H - Pronaos

I - Celia

J - Omphalos

K - Piedestal de la statue de culte

L - Mensa ponderaria

M - Portique ouest du forum

 

Le culte d'Apollon était assurément l'un des plus importants à Pompei, tant et si bien que le dieu était considéré comme le protecteur de la cité jusqu'à l'arrivée des colons de Sylla qui imposèrent la triade capitoline (80 avant Jésus-Christ).

Des fouilles stratigraphiques menées dans la zône sacrée ont permis de retracer l'historique du sanctuaire et d'affirmer avec certitude que, dès le début du VIème siècle avant Jésus-Christ, le contrefort ouest du plateau volcanique -sur lequel s'élèvera plus tard la cité -abritait un temple dédié à Apollon

De ce premier état, on ignore presque tout mais on peut supposer qu'il s'agissait d'une construction en bois recouverte de dalles de terre cuite décorées ; les nombreux fragments mis au jour dans les fosses sacrées viennent à l'appui de cette hypothèse.

De fait, pour faire place au nouvel édifice, quand le précédent à été démonté, tous les éléments sacrés ont été rassemblés dans les fosses placées à l'intérieur du sanctuaire

le sanctuaire d'Apollon témoigne des principales étapes de la reconstruction de la cité, mais aussi des tendances culturelles touchant l'ensemble de la communauté urbaine
l'espace situé devant le forum comporte un autel autour duquel les fidèles se recueillaient lors des cérémonies religieuses

Dans cette dernière phase, la zône sacrée occupait une position remarquable, surélevée par rapport au temple dorique du forum triangulaire et dominant l'ensemble du golfe ainsi que la plaine cultivée du Sarno

L'emplacement choisi prouve aussi que le site était occupé et manifeste la puissance de ceux qui ont érigé l'édifice ; on a longtemps discuté pour savoir si ce temple se rattachait à la présence grecque ou étrusque.

Le culte d'Apollon est attesté tant à Cumes qu'à Naples, cités grecques qui avaient profondément influencé les choix culturels des cités côtières de Campanie, mais ce culte était également présent en milieu étrusque, comme le montre le temple d'Apollon à Véies

Les ex-voto mis au jour n'aident pas à trancher le problème, car les trouvailles de facture grecque côtoient les productions étrusques

Dans une première phase, le sanctuaire occupait une superficie beaucoup plus importante ; de fait, le mur du péribole a été retrouvé à l'ouest sous la maison de Triptolème (VII-7-5), et le tronçon est devait se trouver dans la zône du forum.

D'autres ex-voto ont été découverts à proximité du portique ouest du forum

Le portique d'ordre dorique en tuf gris devint ionique après le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ, bien qu'avec de nombreux compromis

L'aménagement de l'ensemble date du IIème siècle avant Jésus-Christ, lorsque la construction du forum civil et de tous les édifices publics annexes a entraîné un nouvel aménagement de la zône du sanctuaire, qui coïncide avec une période de réorganisation interne.

Le culte d'Apollon continuait de jouer un rôle essentiel dans la vie de Pompei, la zône sacrée étant reliée au forum par onze larges baies qui ne seront fermées que lorsque le capitole prendra le dessus, avec les colons de Sylla (80 avant Jésus-Christ).

Le côté ouest était lui aussi percé de baies donnant sur une petite rue supprimée quelque temps après.

Dans les dernières années du 1er sècle avant Jésus-Christ, ces baies furent également condamnées, comme l'atteste une inscription mise au jour en ce lieu.

A l'image de nombreux édifices de Pompéi, le sanctuaire d'Apollon a été très sérieusement endommagé par le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ et, au moment de l'éuption, la restauration était inachevée.

Il est fort probable que le site ait été visité par des fossores (fouilleurs clandestins) dans les années suivantes, comme le laisse supposer l'absence d'objets qui auraient dû normalement s'y trouver.

Menée en plusieurs phases, la fouille du sanctuaire débuta en 1816, le temple étant alors attribué à Vénus.

Cet édifice suscita alors un vif intérêt et des artistes vinrent sur place pour le reproduire ; une documentation qui est parvenue jusqu'à nous, même si l'on y trouve parfois des interprétations quelque peu fantaisistes

L'accès au sanctuaire se fait par la voie Marine, et la zône sacrée est cernée d'un péristyle de dix-sept colonnes sur les longs côtés et de neuf sur les petits.

Au moment de la construction, les colonnes de tuf gris de Nocera étaient d'ordre composite : le fût était entièrement cannelé et l'architrave composée d'une alternance de triglyphes et de métopes pseudoriques, alors que les chapiteaux rappelaient l'ordre ionique

Certains ont supposé l'existence d'un second ordre de colonnes, mais on n'en a retrouvé ni trace ni aucun document l'attestant.

Après le tremblement de terre de 62 après Jésus-Christ, le tiers inférieur des colonnes fut revêtu d'une épaisse couche de crépi avec des godrons peints en jaune, les chapiteaux recouverts de stuc, remodelés en ordre corinthien et colorés en rouge, bleu et jaune

L'architrave fut également enduite d'un épais crépi qui dissimula les triglyphes, recevant ensuite un décor de guirlandes et de griffons, dont on ne conserve aujourd'hui que des relevés de fouilles attestant que les parois du fond étaient ornées de fresques se répartissant en panneaux séparés par des raccourcis architecturaux et un tableau central

En revanche, dans les niches créées par la condamnation des portes donnant jadis sur le forum, ont été peintes des scènes de la guerre de Troie.

A l'extérieur du portique, des statues reposaient sur des piédestaux (elles sont toutes conservées au Musée archéologique de Naples), dont celle en bronze d'Apollon et Artémis archers - une copie est aujourd'hui exposée dans le sanctuaire.

Réplique de la statue d'Apollon archer se dressant dans le portique est. Elle a été retrouvée en fragments dans l'ouest de la cité et, seules, les similarités avec la statue d'Artémis ont permis de l'attribuer au sanctuaire
Statue en bronze d'Artémis située contre le portique ouest

La zône découverte a reçu un pavement en dalles de tuf.

Le temple proprement dit a été déplacé dans le nord de la zône sacrée ; il présente une orientation canonique avec sa façade placée au sud-est, l'entrée du sanctuaire étant symétrique au temple.

Devant lui, un autel en marbre grec est dédié aux quattuorviri (deux duumvirs et deux édiles) ; il est de peu postérieur à 80 avant Jésus-Christ

A gauche de l'autel, à proximité du podium du temple, se dresse une colonne ionique en marbre blanc, surmontée d'un cadran solaire.

Au centre du fût, et faisant partie intégrante du monolithe, a été placée une inscription attestant l'offrande fait par les duumvirs Lucius Sepunius Sandillianus et Marcus Erennius Epidianus.

Le temple mêle éléments grecs et étrusco-italiques. En façade, un escalier de grande taille mène à la cella qui occupe la partie postérieure d'un haut podium.

Elle est ceinte d'une peristasis de six colonnes en façade et de neuf sur les longs côtés - ces nombres ne sont pas canoniques dans l'architecture grecque.

Les colonnes corinthiennes portaient une architrave surmontée d'un fronton, si l'on admet que les fragments retrouvés dans la maison VI-17-41, et qui représentent Apollon et Marsyas, appartiennent effectivement au temple

La cella est pavée en opus sectile formé de losanges vert et blanc et d'ardoise, créant un motif de cubes en perspective, à l'image du pavement de la cella du temple de Jupiter et du tablinum de la maison du Faune.

Ici, les cubes sont cernés d'une bande d'ardoise, elle-même entourée d'une mosaïque blanche.

La bande d'ardoise conserve une inscription en osque gravée en lettres creuses emplies de métal ; elle atteste que "U. Kampaniis ...Kvaisstur Kulbennieis tanginud Appelluneis eitiuvad .... ùps annu aaman affed" ("Le questeur Oppius Campanus....a patronné la construction....par délibération du conseil avec l'argent des offrandes faites à Apollon")

Tant le pavement que l'inscription datent de la seconde moitié du IIème siècle avant Jésus-Christ

A proximité du mur du fond, mais non adossé contre lui, un piédestal était destiné à recevoir une statue de la divinité, laquelle n'a jamais été retrouvée.

Sur le côté ouest, un élément de forme ovale est inséré dans le pavement : il s'agit de l'omphalos, attribut de l'Apollon delphique.

Les parois internes de la cella ont un décor en 1er style cerné d'un encadrement en bois, alors que les parois externes sont animées de pilastres rudentés placés sur des bases en tuf, avec des panneaux stuqués délimités par une bande d'oves stylisés.

Le temple d'Apollon permet de parcourir l'ensemble de l'histoire de Pompei, de sa naissance jusqu'à son ensevelissement tragique.

Ses structures témoignent des changements sociaux et culturels successifs vécus par la cité antique

Cette plaque en terre cuite (Insula occidentale) provient de la frise du temple. Elle représente, en haut relief, Artémis à droite, une Niké à gauche, ainsi qu'un chien au centre, en bas. On reconnaît Artémis à son chiton court de chasseresse et à son carquois Cette plaque en terre cuite, elle aussi mise au jour dans l'insula occidentale semble appartenir au temple d'Apollon : elle représente une porteuse d'offrande, vêtue du chiton et de l'himation, qui saisit un objet placé dans un coffret à quatre pieds

Il est vraisemblable que cette plaque en terre cuite - trouvée au même endroit que la précédente - appartienne aussi à la frise du temple d'Apollon. Elle est ornée d'une suite de fleurs, et l'on peut distinguer les trous qui ont permis de la fixer sur l'édifice à l'aide de clous

 

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